Madoff bientôt face à ses investisseurs floués

MB - traduit librement de MSNBC.com Global Report 09.03.2009 14:24
Créanciers attendant d'être reçus à l'U.S. Bankruptcy Court le 20 février dernier (Mario Tama / Getty Images)

Créanciers attendant d'être reçus à l'U.S. Bankruptcy Court le 20 février dernier (Mario Tama / Getty Images)


Le financier escroc va plaider coupable et affronter une partie de ses créanciers




NEW YORK - Il reste encore à Bernard Madoff à affronter les innombrables victimes qui l'accusent d'escroquerie dans la 'pyramide de Ponzi' colossale qu'il a montée à leurs dépens - résultant en la plus grande fraude financière de l'histoire.

Jusqu'ici, le financier déchu était assigné en résidence dans son très luxueux et confortable appartement de Manhattan, ce qui lui a évité tout contact fâcheux avec le public.

Mais jeudi prochain, il devra répondre de ses actes et il est attendu qu'il plaide coupable devant ses accusateurs. La procédure d'audition des victimes de crimes a en effet été ouverte à ce stade avancé, alors qu'elle est d'habitude réservée à l'exposé des sentences. Combien seront-ils ? Des milliers de plaignants de tous types, de l'individuel au responsable d'association charitable en passant par le directeur d'école privée, pourraient se presser dans la salle d'audience.

L'avocat Brad Friedman représente les intérêts de dizaines de personnes qui ont perdu des centaines de millions de dollars ; pour lui, "ça va faire des étincelles ; mais le cadre judiciaire devrait empêcher les débordements et les gens sauront ou devront se tenir convenablement".

En fait, l'ampleur de la fraude reste encore un sujet de travail brûlant pour les autorités : une bonne partie des profits revendiqués s'avère purement théorique, aussi le montant des fonds réellement "perdus" pourrait redescendre en dessous des 20 milliards de $. Rien qui ne puisse soulager les victimes ni même l'ancien patron du NASDAQ, lucide sur sa responsabilité pleine et entière : il s'attend bien, depuis le début de ses révélations (lire ici les circonstances), à aller en prison.

Il est impossible que le juge entende jeudi toutes les plaintes exprimées ; il y aura donc sûrement une marée de dossiers envoyés par voie postale. Pour participer à l'audience, les procureurs ont indiqué qu'un courriel devait être envoyé à la Cour avant mercredi prochain 10h...

Ce n'est pas la première fois que des criminels en col blanc sont mis directement en face des gens qu'ils ont plumés : le CEO de Enron, Jeffrey Skilling, condamné à 24 ans de prison, a ainsi subi la vindicte des milliers d'employés réduits à la ruine et au chômage.

En 2005, Bernard Ebbers de WorldCom, responsable de la déconfiture du géant des télécoms après une fraude comptable estimée à 11 milliards de $, avait aussi reçu un complément de sentence à ses 25 ans de prison par un ancien employé de la firme. "Il ne pourra jamais me rembourser, ni moi ni milliers de gens dans mon cas dont les vies ont été détruites en un instant. Qui me rendra mes économies de toute une vie maintenant ?" se lamentait alors Henry J. Bruen.

Friedman a précisé qu'aucun des clients qu'il représente n'avait émis le souhait de venir à l'audience - et il les en aurait dissuadés. "Je ne pense pas que cela ait la moindre utilité, pense-t-il, cela ne l'affectera pas davantage non plus".


Lien vers l'article original dont est librement tiré celui-ci : http://www.msnbc.msn.com/id/29572773/



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